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Pendant des années, l’accessibilité web a été reléguée au second plan. « On verra plus tard », « ce n’est pas obligatoire », « ce n’est pas prioritaire ». Des arguments que beaucoup d’entreprises ont répétés, projet après projet.
En 2026, ce discours ne tient plus.
Depuis le 28 juin 2025, l’Acte Européen sur l’Accessibilité impose de nouvelles obligations strictes. Les entreprises de plus de 10 salariés réalisant plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires sont désormais concernées. Les sanctions peuvent atteindre 50 000 euros par service en ligne non conforme.
Mais au-delà du cadre légal, l’accessibilité s’inscrit dans une démarche plus large. Chez Zetruc, nous la considérons comme indissociable de l’éco-conception et de la performance technique. Un site accessible est, par nature, un site mieux structuré, plus léger et plus rapide. C’est notre philosophie : le savoir-faire, le faire savoir.
Voyons ensemble pourquoi 2026 marque un tournant, et comment transformer cette obligation en opportunité.
1. Accessibilité web : de quoi parle-t-on vraiment ?

Commençons par évacuer quelques idées reçues.
L’accessibilité, ce n’est pas un design moche. C’est un ensemble de bonnes pratiques qui permettent à tous les utilisateurs, quels que soient leurs capacités ou leur contexte d’utilisation, d’accéder aux contenus et aux fonctionnalités d’un site web. Et ces bonnes pratiques commencent bien avant la première ligne de code : elles démarrent dès le wireframe, lors de la conception fonctionnelle.
L’accessibilité, ce n’est pas réservé aux personnes en situation de handicap lourd. En France, plus de 12 millions de personnes vivent avec un handicap, soit près d’une personne sur cinq. Et 80 % des handicaps sont invisibles. Sans compter les situations temporaires : un bras dans le plâtre, une migraine, un environnement bruyant, un écran au soleil.
Concrètement, l’accessibilité recouvre des éléments comme :
- La navigation au clavier (pour ceux qui ne peuvent pas utiliser une souris)
- Les contrastes suffisants (pour les personnes malvoyantes ou en mobilité)
- La compatibilité avec les lecteurs d’écran (pour les personnes aveugles)
- La lisibilité des textes (taille de police, espacement)
- Les temps de lecture adaptés pour les contenus animés
L’accessibilité, ce n’est pas pour « quelques-uns ». C’est pour tout le monde, à un moment ou à un autre.
2. Ce qui a changé : pourquoi 2026 est la première vraie année de conformité
Le contexte a radicalement évolué. Clarifions les dates : la loi est entrée en vigueur le 28 juin 2025. Ce qui fait de 2026 la première année pleine où les contrôles et sanctions seront effectifs.
Le renforcement des obligations légales
L’Acte Européen sur l’Accessibilité (Directive 2019/882) étend considérablement le périmètre des obligations. Là où seuls les organismes publics et les très grandes entreprises (plus de 250 millions d’euros de CA) étaient concernés, ce sont désormais toutes les entreprises de plus de 10 salariés avec un chiffre d’affaires supérieur à 2 millions d’euros qui doivent se conformer au RGAA.
Le niveau d’exigence minimum est le niveau AA des WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), soit 106 critères à respecter. Les sanctions en cas de non-conformité peuvent atteindre 50 000 euros par service non conforme, et 25 000 euros pour manquement aux obligations déclaratives. Ces sanctions sont renouvelables tous les 6 mois.
La numérisation massive (et la responsabilité qui va avec)
Depuis la pandémie, la dématérialisation s’est accélérée. Démarches administratives, achats en ligne, consultations médicales, services bancaires : tout passe par le numérique. Pour les personnes qui ne peuvent pas accéder correctement à ces services, c’est une exclusion de fait.
Cette numérisation massive doit être responsable. L’accessibilité rejoint ici les enjeux RSE et Green IT. Moins de code inutile, des parcours simplifiés, des contenus épurés : ce qui rend un site accessible le rend aussi plus sobre et plus performant. C’est tout le sens de notre approche en éco-conception web.
Le vieillissement de la population
La France compte plus de 20 millions de personnes de 60 ans et plus, soit près d’un tiers de la population. Parmi les plus de 75 ans, plus de 60 % sont en situation d’illectronisme. Les limitations visuelles, auditives ou motrices augmentent naturellement avec l’âge. Un site accessible, c’est un site qui reste utilisable à toutes les étapes de la vie.
Un site inaccessible en 2026, ce n’est plus un oubli. C’est un choix.
3. Les risques… et les opportunités

Les décideurs ont besoin d’arguments concrets. Parlons d’abord des risques, puis des opportunités business.
Risques juridiques
- Amendes pouvant atteindre 50 000 € par service non conforme (renouvelables tous les 6 mois)
- Obligation de mise en conformité sous 6 mois, avec risque de nouvelle sanction
- Contrôles par la DGCCRF pour les sites e-commerce
- Appels d’offres perdus (l’accessibilité devient un critère de sélection)
Risques business
- Utilisateurs qui abandonnent face à un parcours inaccessible
- Taux de conversion impacté par une expérience dégradée
- Image de marque dégradée dans un contexte où l’engagement sociétal compte
- Marché potentiel réduit (12 millions de personnes en situation de handicap en France)
L’opportunité : performance, innovation et différenciation
Au-delà des risques, l’accessibilité représente une vraie opportunité. Les entreprises qui l’intègrent dans leur stratégie digitale gagnent sur plusieurs tableaux.
C’est ce que nous constatons avec nos clients. Pour le site Agendize, par exemple, nous avons combiné performance technique (architecture Headless NuxtJS + WordPress) et bonnes pratiques d’accessibilité. Résultat : un site rapide, flexible et accessible sur tous les supports. Le Green IT et l’accessibilité font partie des engagements forts d’Agendize, et cette approche renforce leur crédibilité auprès de leurs clients professionnels.
Un site inaccessible, c’est un site qui exclut… et qui perd de l’argent. Un site accessible, c’est un avantage concurrentiel.
4. Accessibilité ≠ complexité : ce que beaucoup sous-estiment
Bonne nouvelle : l’accessibilité n’est pas aussi compliquée qu’on l’imagine.
Une réalité méconnue : 80 % des problèmes d’accessibilité viennent de 20 % d’erreurs simples. Des erreurs qui, souvent, ne coûtent rien à corriger.
Exemples de bonnes pratiques à coût zéro :
- Hiérarchie des titres correcte : un seul H1, des H2 pour les sections, des H3 pour les sous-sections
- Labels de formulaires explicites : chaque champ doit avoir un label visible et associé
- Contrastes suffisants : ratio de 4,5:1 minimum pour le texte standard
- Tailles de police adaptées : 16px minimum pour le corps de texte
- Liens compréhensibles : éviter les « cliquez ici », privilégier des intitulés explicites
- Textes alternatifs sur les images : décrire le contenu pour les lecteurs d’écran
L’accessibilité n’est pas un chantier colossal. C’est surtout une question de méthode.
5. Pourquoi l’accessibilité améliore aussi le SEO
Voici un argument qui devrait convaincre les plus sceptiques : accessibilité et référencement naturel partagent de nombreuses bonnes pratiques.
Les experts SEO le confirment : environ 80 % des critères d’accessibilité correspondent à des bonnes pratiques de référencement. Une façon simple de le comprendre : Google est, en quelque sorte, un utilisateur aveugle. Il ne « voit » pas votre site, il le lit.
- Structure HTML claire : une hiérarchie de titres correcte (H1, H2, H3) aide Google à comprendre votre contenu — et favorise l’apparition en Featured Snippets (position 0)
- Textes alternatifs sur les images : ils permettent aux moteurs de comprendre le contexte visuel
- Contenus lisibles : des textes clairs et structurés améliorent l’engagement utilisateur
- Performance technique : un site rapide est à la fois accessible et mieux référencé (Core Web Vitals)
- Expérience utilisateur optimisée : moins de rebond, plus de temps passé sur le site
Un site accessible est presque toujours… un site mieux référencé.
6. Comment aborder l’accessibilité intelligemment : la méthode Zetruc
L’approche pragmatique est la seule qui fonctionne vraiment. Voici notre méthode.
- Réaliser un audit simple — Des outils gratuits comme Lighthouse, WAVE ou le plugin axe DevTools permettent d’identifier rapidement les problèmes majeurs. Mais attention : rien ne remplace un audit humain, notamment le test de navigation au clavier. Pas besoin de viser la perfection dès le départ.
- Prioriser les correctifs — Commencer par les erreurs les plus impactantes et les plus simples à corriger. La loi Pareto s’applique : 20 % des efforts peuvent résoudre 80 % des problèmes.
- Intégrer l’accessibilité dès la conception — Pour les nouveaux projets, penser accessibilité dès les wireframes et les maquettes. C’est toujours moins coûteux que de corriger après coup. Découvrez notre approche dans notre article sur la création et refonte de site internet.
- Former les équipes — Designers, développeurs, rédacteurs : chacun a un rôle à jouer. Chez Zetruc, nous croyons à la transmission. Un site est livré accessible, mais ce sont les administrateurs (nos clients) qui doivent maintenir cette accessibilité via le contenu qu’ils ajoutent. Une formation de base peut transformer les pratiques sur le long terme.
- Suivre et itérer — L’accessibilité n’est pas un projet « one shot ». C’est une démarche de progression continue, à intégrer dans la maintenance régulière du site.
L’objectif n’est pas d’atteindre 100 % de conformité du jour au lendemain. C’est d’inscrire l’accessibilité dans une démarche de progression continue.
7. Conclusion : une responsabilité, une opportunité
L’accessibilité web en 2026, c’est une triple responsabilité.
- Responsabilité légale : les obligations sont claires, les sanctions aussi.
- Responsabilité business : un site inaccessible perd des utilisateurs, donc du chiffre d’affaires.
- Responsabilité humaine : dans un monde numérisé, exclure des millions de personnes n’est pas acceptable.
Mais c’est aussi une opportunité. Les entreprises qui abordent l’accessibilité comme une simple contrainte réglementaire passent à côté de son véritable potentiel : amélioration du SEO, performance technique, image de marque renforcée, et accès à un marché élargi.
En 2026, rendre un site accessible, ce n’est pas faire un effort. C’est faire son travail correctement.
Checklist : 5 actions pour améliorer l’accessibilité dès maintenant
- Vérifier la hiérarchie des titres (un seul H1, structure logique H2/H3)
- Ajouter des textes alternatifs sur toutes les images informatives
- Tester les contrastes avec WebAIM Contrast Checker
- Naviguer sur le site uniquement au clavier (Tab, Entrée, Échap)
- Passer le site dans Lighthouse (onglet Accessibilité de Chrome DevTools) ou l’extension WAVE
Comment on aborde l’accessibilité chez Zetruc
Chez Zetruc, nous intégrons les bonnes pratiques d’accessibilité dès la conception de chaque projet web. Notre approche est pragmatique : nous auditons, nous priorisons, nous formons les équipes, et nous accompagnons nos clients dans une démarche d’amélioration continue.
L’accessibilité fait partie intégrante de notre vision du web responsable, aux côtés de l’éco-conception et de la performance. Comme le montre notre travail avec des clients comme Agendize, un site bien conçu est un site qui fonctionne pour tout le monde.
Parce qu’un site web qui fonctionne pour tout le monde, c’est un site web qui fonctionne tout court.
Votre site est-il conforme au RGAA 2025 ?
La loi est en vigueur depuis le 28 juin 2025. Évaluons ensemble votre situation et identifions les actions prioritaires à mettre en place.